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LE PRAOPrao
est un multicoque de deux flotteurs de volume inégal. Selon la manière dont ils virent de bord les praos se divisent en deux groupes: Praos amphidromes (shunting proa) qui naviguent soit avec le balancier toujours au vent - on l’appelle alors «prao pacifique », soit avec le balancier toujours sous le vent – « prao atlantique». Praos monodromes (tacking
proa) qui virent comme les voiliers ordinaires. Les
premiers Européens arrivés en Polynésie étaient émerveillés tant par la
beauté et la perfection technique des voiliers exotiques que par leur capacité
de naviguer contre le vent et surtout par leur vitesse. Cook
raconte que les navires polynésiens ont réussi à faire trois fois le tour de
son «Resolution » avant que celui-ci n’ait parcouru trente
brasses. Curieusement
les récits enthousiastes des Grands Explorateurs n’ont pas révolutionné
l’architecture navale du Vieux Continent. Quelques
essais de Sir W Petty ( fin du XVII ème ), de Floy , Duggan, Herreshoff ( fin
du XIXème) bien que concluants n’ont intéressé personne. Il fallut attendre
la deuxième moitié du XX-ème siècle pour voir la réapparition des
multicoques, et leur explosion dans les années 80 : en 1980 le marché
français ne comptait pas un seul multicoque habitable. En 1990
il y en avait 142 ! Mais la grâce a
touché uniquement les catamarans et les trimarans – les praos restent
toujours dans l’ombre. Par rapport au prao un
cata a toujours un flotteur trop grand, et un tri toujours un flotteur de trop.
Plus
léger et avec une surface mouillée moindre, le prao sera plus rapide et moins
cher. Dans
OSTAR‘68–tout au début de la
nouvelle époque des multicoques- le prao «Cheers »de D.Newick a fini
troisième arrivant 4 jours et 16 heures avant le premier cata et plus d’une
semaine avant le premier tri. Un
autre prao Newick «Azulao » était deuxième
dans la course Newport – Les Bermudes. «Cheers »
est aussi LE SEUL
multicoque océanique dans l’histoire
qui a réussi à se redresser sans aide
extérieure après un brutal
chavirage. Le
prao peut donc être non seulement plus rapide mais aussi plus marin et plus sûr. Dans
OSTAR’72 il n’y avait pas un seul prao. Les
courses océaniques ont été dominées par les catamarans et les trimarans. |