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LA VOILE « PINCE DE CRABE »L’approche
radicalement opposée au problème de la stabilité n’était pas la seule différence
entre les voiliers polynésiens et européens. Leurs
gréements étaient aussi -et peut-être plus- très différents. Si
nous avons finalement adopté l’idée de naviguer sur plusieurs coques et sans
lest, il n’en
est pas de même avec la voile «pince de crabe ». Certaines
publications la considèrent toujours comme une forme « romantique
« ou même primitive de la voile latine.
Les
courbes expliquent les étonnantes performances des praos qui ont tant ébloui
Shouten, Cook, Bougainville &
Co : les plus rapides – les flying praos
– naviguent couramment à 17-18 nœuds avec des pointes à 24 ! Le
prix de la vitesse consistait dans une certaine complication des virements de
bord. Le prao amphidrome vire en effectuant une pittoresque manœuvre
«cavu», après laquelle la proue devient la poupe…
Évidemment
une telle manœuvre compromet les chances de la VPdC dans les courtes régates
sur le triangle olympique. Mais
dans une course océanique … Outre
cela la VPdC est beaucoup plus facile et tolérante. Par
exemple, une simple augmentation du creux de la voile entraîne une immédiate
et spectaculaire chute des forces aérodynamiques équivalente
à la réduction de sa surface. La
VPdC possède « un double axe de pivot » : elle peut être réglée
aussi sur le plan horizontal, autour de l’antenne supérieure. 1.
Ce
réglage permet d’orienter la composante aérodynamique verticale Fv vers le
haut ( dessin 2 ). A l’angle 45°
elle est égale à la force de l’effet de gîte Fg. A partir de cet angle, la
force Fv prend «le dessus » - la voile commence à travailler comme
un cerf-volant, tout en gardant sa fonction propulsive- l’orientation de la
voile sur le plan vertical peut rester inchangée. A vérifier… Peut-être
est-ce la raison pour laquelle les Polynésiens n’ont jamais connu la voilure
divisée. Ils ont colonisé les innombrables
îles du Pacifique en utilisant qu’une seule voile pouvant dépasser 300m2
sans aucun système de prise de ris. Visiblement ceci n’était pas nécessaire.
Boudée
par le monde du yachting, la phénoménale voile « pince de crabe «
a quand même trouvé sa place dans les temps modernes. Avec un nouveau nom «aile
en delta » elle a fait une ahurissante carrière dans l’aviation équipant
la plupart des avions supersoniques et navettes spatiales. Les
«ailes en delta »élaborées avec le concours des ordinateurs les plus
puissants engendrent exactement les mêmes phénomènes aérodynamiques
que les voiles inventées mille ans plus tôt par les «sauvages »
d’Océanie qui savaient profiter des leçons données par la Nature. Oui, «Concorde » vole avec les ailes en forme de «pince de crabe »…sauf que la version polynésienne avec le bord de fuite concave est meilleur. ***Tu sauras tout du mécanisme qui permet au « VPC « de développer des forces aussi incroyables après la lecture de « Sail Performance » de C.A.Marchaj d’où les dessins de cette page. Regarde aussi les résultats du TEST V&V |